Tshopo : cap sur une agriculture intermédiaire à faible empreinte carbone

Publié le: 28/08/2026 à 21:40
Catégorie: actualite
Tshopo : cap sur une agriculture intermédiaire à faible empreinte carbone
Concilier le développement de la production agricole avec la préservation des massifs forestiers constitue aujourd’hui l’un des principaux défis de la République démocratique du Congo.!

C’est autour de cet enjeu que s’est tenu, les 27 et 28 août 2026 à Kisangani, un atelier consacré à l’examen, à l’enrichissement et à la validation technique du rapport provisoire sur les potentiels provinciaux de l’agriculture de taille moyenne dans la province de la Tshopo.

Organisés dans le cadre du Projet d’appui à l’atteinte des jalons (PAAJ), ces travaux s’inscrivent dans la mise en œuvre du partenariat entre la République démocratique du Congo et l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (CAFI), dans le cadre de la deuxième Lettre d’intention couvrant la période 2021-2031.

L’agriculture de taille moyenne occupe une place particulière dans la dynamique de développement agricole. Située entre la petite agriculture familiale et les grandes exploitations agro-industrielles, elle constitue un potentiel important de croissance économique, de création d’emplois et de développement des marchés agricoles.

Son expansion doit cependant être mieux planifiée afin de limiter les risques de déforestation et de préserver les zones forestières à haute valeur de conservation.
L’étude consacrée à la Tshopo vise ainsi à fournir une meilleure connaissance du potentiel agroécologique et économique de la province. Elle devra permettre d’orienter les futurs investissements agricoles vers des zones présentant un potentiel favorable et une faible empreinte carbone, notamment les savanes et les terres dégradées.

Lors des cérémonies d’ouverture et de clôture, la Ministre provinciale en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire a rappelé le rôle que la province de la Tshopo peut jouer dans la dynamique nationale de production et de souveraineté alimentaire.

Avec son important potentiel naturel, ses ressources hydriques et la présence d’institutions de recherche telles que l’INERA et l’IFA-Yangambi, la province dispose de plusieurs atouts pour développer une agriculture moderne, productive et durable.

L’autorité provinciale a particulièrement insisté sur l’importance de l’agriculture de taille moyenne dans la transformation du secteur agricole. Celle-ci pourrait constituer un maillon important entre une agriculture essentiellement orientée vers la subsistance et une agriculture davantage tournée vers le marché et l’agrobusiness.

L’ambition est donc de favoriser l’émergence d’exploitations agricoles plus structurées, capables de stimuler la production, de créer des emplois et de contribuer au développement d’une économie rurale dynamique.

Les travaux de Kisangani ont également mis en évidence la nécessité de disposer d’outils fiables pour mieux planifier les investissements agricoles.
Les données cartographiques et agroécologiques devraient ainsi servir à identifier les zones présentant un potentiel favorable au développement de l’agriculture de taille moyenne, tout en tenant compte des enjeux de préservation de l’environnement et des instruments d’aménagement du territoire.

Cette approche repose notamment sur trois orientations : une meilleure connaissance des espaces agricoles disponibles, le renforcement de la gouvernance et de l’identification des exploitants agricoles, ainsi que la définition de mécanismes d’accompagnement technique et financier des producteurs.

Une réflexion portée par plusieurs acteurs
Les travaux ont réuni les représentants des secteurs de l’Agriculture, de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire, du Développement rural et des Affaires foncières.

Des experts scientifiques, des institutions de recherche, des universités, des opérateurs économiques, des partenaires techniques et financiers ainsi que des organisations de la société civile ont également pris part aux échanges.
Cette mobilisation multisectorielle traduit la nécessité d’une approche concertée pour répondre aux défis liés au développement agricole, à la protection des ressources naturelles et à l’aménagement du territoire.

Au terme des deux jours de travaux, plusieurs résultats importants ont été consolidés.
Le rapport provisoire sur les potentiels provinciaux de l’agriculture de taille moyenne a été examiné, enrichi et validé par les participants afin de servir de référence dans la planification des futurs investissements agricoles.
Les données cartographiques et les informations relatives au potentiel agroécologique de la province ont également été vérifiées et consolidées.

Les participants ont, par ailleurs, renforcé la prise en compte des zones forestières à haute valeur de conservation dans l’identification des espaces susceptibles d’accueillir de nouveaux investissements agricoles.

Enfin, les propositions formulées ont été examinées au regard des principaux outils d’aménagement du territoire, notamment le Schéma national d’aménagement du territoire (SNAT) et les instruments provinciaux de planification territoriale.

À travers cette démarche, le Gouvernement entend disposer d’outils d’aide à la décision capables d’orienter les investissements vers une agriculture de taille moyenne plus productive, mieux planifiée et respectueuse du patrimoine forestier.
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