Conférence des Gouverneurs : S.E MUHINDO NZANGI dévoile la stratégie nationale de relance agricole fondée sur la semence, les fertilisants et la mécanisation

Publié le: 26/03/2026 à 10:22
Catégorie: actualite
Conférence des Gouverneurs : S.E MUHINDO NZANGI dévoile la stratégie nationale de relance agricole fondée sur la semence, les fertilisants et la mécanisation
Bandundu, le 25 mars, lors de la deuxième journée de la Conférence des Gouverneurs de la RDC, qui, le Ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité Alimentaire, Muhindo Nzangi, a présenté une stratégie détaillée et opérationnelle pour concrétiser la vision de la « revanche du sol sur le sous-sol », en mettant l’accent sur la réforme du système semencier, la disponibilité des fertilisants et la mécanisation agricole.

Une priorité : réformer le système de production de semences

S’adressant aux gouverneurs de province, le patron de l’agriculture congolaise a souligné que la première revendication des populations rurales concerne l’accès à des semences de qualité. Selon lui, les semences actuellement utilisées sont largement dégénérées, entraînant de faibles rendements agricoles.

Pour y remédier, des missions ont été dépêchées dans toutes les provinces afin d’évaluer l’état des infrastructures semencières, notamment celles de Institut National pour l’Étude et la Recherche Agronomiques (INERA), du Service National des Semences (SENASEM) et des Centres d’Adaptation d’Application et de Production des Semences Agricoles (CAAPSA).

Les conclusions sont alarmantes : 95 % des infrastructures semencières du pays sont dans un état de délabrement très avancé, certaines datant encore de l’époque coloniale ou de la deuxième République.

La relance du CAPSA devenu CAAPSA, pilier central de la stratégie

Face à ce constat, le Ministre volontariste MUHINDO NZANGI, a engagé un processus de réhabilitation et de modernisation des CAPSA, appelés à devenir des centres complets de recherche, d’Adaptation de production et de distribution des semences. Des véritables sites agricoles dans des provinces. Chaque CAPSA comprendra quatre compartiments essentiels :
1. Laboratoires de production et d’amélioration des semences,
2. Laboratoires d’analyse des sols,
3. Unités de contrôle des fertilisants et pesticides,
4. Site de mécanisation ainsi que, des stations météorologiques pour améliorer la planification agricole.

Ces centres seront également dotés d’infrastructures de stockage et de points de vente d’intrants agricoles afin de garantir la disponibilité et l’accessibilité des semences et engrais à travers les territoires. L’objectif: améliorer drastiquement les rendements agricoles

Le ministre d’État pour qui le secteur est au cœur des échanges de la conférence, a illustré l’urgence de la réforme en citant les faibles rendements actuels : certaines semences de maïs produisent à peine 800 kg par hectare, alors que dans les pays voisins, les rendements atteignent entre 4 et 8 tonnes par hectare. A-t-il révélé.

Pour la première phase, le gouvernement à travers le ministère de l’agriculture, prévoit la réhabilitation et l’opérationnalisation de 26 CAAPSA, soit 1CAAPSA par province, avec l’appui des gouverneurs pour sécuriser les espaces et accompagner les travaux.

Vers l’autonomie nationale en fertilisants

La stratégie agricole inclut également la réduction de la dépendance du pays vis-à-vis des importations d’engrais. Des discussions ont été engagées avec des partenaires internationaux pour la fourniture d’engrais, tandis que des projets d’implantation de trois usines de blending sont en cours à l’Est, à Lubumbashi et à Boma, afin de produire localement des fertilisants adaptés aux sols congolais.

La mécanisation agricole, condition de la modernisation

Autre pilier de la réforme : la mécanisation. Le ministre d’État à l’agriculture MUHINDO NZANGI a annoncé l’installation d’une première usine de montage de tracteurs à Musienene et à Kimpese, dans le Congo Central, en partenariat avec des fabricants internationaux, ainsi que d’autres projets visant la production de petits tracteurs accessibles aux exploitations des plantations agricoles.

Redéfinir le rôle de l’État dans la production agricole

Enfin, S.E MUHINDO NZANGI a évoqué la nécessité pour l’État de se désengager progressivement de la gestion directe des grandes entreprises agricoles, au profit d’un modèle favorisant l’initiative privée et les partenariats, tout en tirant les leçons des limites observées dans la gestion des parcs agro-industriels.

CellCom MINETAT AGRISA
ACTUALITÉS CONNEXES